Le 3 août
Cette semaine commence la formation des enquêteurs. Il y a au total 30 enquêteurs. 20 pour Kinshasa et 10 pour les provinces du Bandundu et du Bas-Congo.
La personne en charge de la saisie des données est aussi présente ainsi que le nouvel assistant de Louis.
Le lieu de la formation est au Teresaniuam, un centre religieux, à environ 45 min de la Gombé (du centre). Le matin deux voitures sont organisées pour emmener tous les enquêteurs. Le transport en commun n’est pas très développé à Kinshasa et est souvent une excuse pour les retards. C’est pourquoi tout a été organisé pour commencer à l’heure.
C’est la troisième fois que j’assiste à une formation des enquêteurs depuis que j’ai commencé ma mission. Mais c’est la première fois ou je vais autant présenter. Louis est très occupé avec la logistique et l’obtention des autorisations pour l’étude.
Nous avons décidé de gérer la formation avec Esther.
Les enquêteurs sont très attentifs et respectueux des règles de bonnes conduites. Par contre, il y a seulement 4 enquêteurs qui avaient participé à la première vague de l’enquête. Donc tous les autres sont tous novices.
Il y a beaucoup d’incompréhensions et il y a certaines notions qui sont plus difficiles à assimiler. Certains enquêteurs sont très lents mais semblent tout de même motivés.
Le premier test du second jour, nous donne des frayeurs car il y a beaucoup d’erreurs. Ce qui signifie que les enquêteurs n’ont pas tout comprit. Nous avons encore trois jours pour rectifier.
Dans l’ensemble la formation se passe bien. C’est assez dur de contrôler une salle de 30 personnes. Mais c’est encore pour moi une telle expérience ! Parfois, il faut hurler pour se faire entendre ou s’imposer. Les débats peuvent partir assez vite dans ce genre d’étude, en général chacun veut donner sa version personnelle ou nous faire part de son expérience.
Le quatrième jour nous faisons la journée terrain. Nous nous rendons au bureau central pour obtenir la carte de la zone de santé et délimiter 3 aires de santés pour faire le terrain. Louis, Esther et moi sommes superviseurs, et nous nous rendons sur l’aire de santé pour voir comment les enquêteurs se débrouillent.
Il y a encore beaucoup d’erreurs dans les questionnaires et surtout sur les fiches d’audit des médicaments. Ce qui nous pose quelques inquiétudes.
A la fin de la formation, nous refaisons un autre test. Ce dernier test, nous permet d’écarter trois enquêteurs de l’étude car ils ont un niveau trop faible.
La semaine de formation est terminée. Je présente et forme depuis deux semaines et j’avoue que c’est assez fatiguant. Mais une bonne soirée reposante m’attend, je suis épuisée.
Jeudi Jamie est retournée aux US pour les vacances. Je me retrouve seule dans le grand appartement.
La semaine dernière j’ai acheté des tissus pour faire quelques habits et cette semaine, ils m’ont été livrés. Le problème est que tous les hauts sont trop larges.
Samedi je pars donc chez le couturier pour faire les retouches, mais avant je refais un tour au marché artisanal histoire d’acheter quelques babioles en souvenir. Je pense que j’ai accumulé pas mal d’attrape poussière en six mois !
Pour le couturier, un des superviseurs a décidé de m’accompagner car elle connaît le quartier et parle lingala. Le problème c’est que le couturier n’est pas disponible. Alors nous nous rendons chez une autre femme qui me retouche les hauts. Quelle expédition encore.
Dimanche, nous avons décidé de passer l’après midi à une cinquantaine de Km du centre de Kinshasa dans un endroit appelé : le jardin d’Eden. C’est près de la rivière et il y a de quoi manger et boire. Ce n’est pas extraordinaire mais ca me permet d’être en dehors de la ville et de passer du temps avec Louis et Esther.
Le 10 août
Ce lundi matin le terrain doit commencer. Mais un problème se pose, les médecins chef de zone veulent des autorisations des autorités locales. Une lettre du ministère de la santé ne suffit pas. Nous ne pouvons commencer sans cette autorisation.
Le second problème est que la personne qui donne cette autorisation n’est pas disponible car aujourd’hui Hilary Clinton est au Congo.
Enfin, à la fin de la journée, le médecin donne son autorisation aux enquêteurs et l’étude peut commencer.
Nous nous rendrons le lendemain sur le terrain pour superviser l’étude. Nous restons au bureau. J’en profite pour faire mon rapport de mission et faire quelques mails.
Ce matin nous nous rendons sur le terrain pour la supervision. Les enquêteurs nous ramènent les questionnaires et nous faisons les modifications avec eux. L’aire de santé regorge de pharmacies.
Nous sommes assez satisfaits de leur travail et de l’avancement de l’étude. Je peux quitter le Congo en paix !
Demain je prends le vol de 10h45 pour Nairobi. Je suis contente de rentrer mais cela signifie que c’est aussi bientôt la fin de ma mission.
En attendant, demain j’irai manger des sushis !
Le 12 août
Ce matin je quitte Kinshasa avec un petit pincement au cœur. J’ai vraiment apprécié mon séjour ici. De retour sur Nairobi, je suis étonnée de la qualité de l’état des routes : il n’y a pas de trous, elles sont proprement goudronnées. J’avais oublié à quel point Nairobi était avancé à ce niveau.
Le 13 août
Me voici de retour au bureau après un mois d’absence. Je suis contente de retrouver tous mes collègues et le soleil de Nairobi.
Je passe les deux jours de la semaine à faire mes comptes rendus, organiser le réseau et à finaliser mon expérience au Congo.
Je profite du WE pour aller me faire faire un massage d’1h30 à base d’aromathérapie. Samedi, Christine, la nouvelle Pfizer Fellow est arrivée sur Nairobi. Je passe ma soirée à l’aéroport.
Le dimanche, nous partons avec Helena pour Lukenya à une quarantaine de km de Nairobi pour faire de l’escalade. Cela fait des années que je n’avais pas fais d’escalade, c’était génial. Je me suis fais des frayeurs parfois car j’avais perdu l’habitude. Je me demande si je ne vais pas m’inscrire à un club en rentrant.
Le 17 août
Ma dernière semaine au sein de PSI et au Kenya. Ca fait bizarre, c’est passé tellement vite.
Je fais une passation avec Christine. Comme elle arrive à une autre phase du projet, elle aura une mission assez différente de la mienne et va être attachée à la préparation du MIM et à la diffusion des résultats de l’étude. Le MIM est une grande conférence sur le paludisme qui se tient tous les 4 ans.
Jeudi soir, nous avons prévu un pot de départ avec toute l’équipe de PSI Malaria.
Ma mission prend fin, les 6 mois sont passés très très vite et j'ai eu au travers ce programme la chance de travailler sur une étude internationale dans le domaine du paludisme et pu me rendre dans 5 pays d’Afrique.
J’ai beaucoup appris tant au niveau professionnel (faire des formations de 5 jours devant 40 personnes, être envoyée seule dans un pays en tant que représentante du projet…) qu’au niveau personnel (patience, adaptabilité à différentes cultures, travailler avec peu de moyens…).
J’ai découvert un nombre inimaginable d’ONG, compris le système de fonctionnement du fond mondial, vu d’un peu plus près le fléau du paludisme et l’accès aux antipaludiques et des médicaments en général.
Mais, j’ai surtout rencontré des personnes de toutes nationalités dans le secteur de la santé, des personnes motivées et passionnées par leur travail.
Je vous encourage vraiment à postuler à ce programme qui est unique et qui peut changer votre façon de voir les choses (positivement). Et 6 mois, ca peut paraître long mais c’est tellement court…
Mais l’aventure continue pour mois, je me rends deux semaines en Tanzanie pour des vacances bien méritées avant de rentrer en France.
Merci Pfizer et PSI pour cette expérience inoubliable…
Mais attendez, ce n’est pas fini, Romain arrive dans quelques heures pour la TANZANIE…